L’ouverture des échanges – 13ème édition des RDVM

Alexandre Letenneur

Performance et bien-être…plus que jamais à l’ère du 4.0 !

 

Fabrication additive, IoT, maintenance prédictive par capteurs, essor des chatbots, réalité augmentée, plateformes collaboratives, exploitation de la social data pour affiner la connaissance clients,… La déferlante digitale touche tout le monde dans toute l’entreprise, s’engouffre dans chaque interstice, bouleversant les pratiques en place pour faire émerger d’autres usages.

Le 4.0 remet ainsi en question les business models existants comme les façons de travailler, de faire circuler l’information, de piloter les projets ou encore de manager les femmes et les hommes des entreprises.

 

Des impacts à prendre en compte

Le digital en soi importe peu. Ce sont plutôt ses impacts, qui intéressent directement l’entreprise, parmi lesquels un certain nombre de “menaces” à prendre en compte :

  • les “Goupils” qui rôdent : sur le web où tout le savoir est disponible, tout se sait, se compare, se juge, se propage, etc., n’importe quel renard à l’affût peut chercher à copier tout ce qui est copiable, à piquer vos idées, à chasser vos talents qui papillonnent sur leur portable…

 

  • l’enfermement : à vouloir trop entrer dans la “matrice” du digital (alertes, notifications, KPI…), le manager risque de s’enfermer dans la logique du “contrôle absolu”, tuant toute autonomie, potentiel créatif ou motivation chez les collaborateurs.

 

  • les compétences : impactés par les évolutions technologiques, 25 % des métiers seront automatisés sous 20 ans (source : France Stratégie). Face à cette lame de fond, pour ne pas se laisser submerger, le digital demande aujourd’hui d’anticiper l’évolution des compétences.

 

De nouvelles façons de voir…

Mais, au-delà des renards à l’affût et autres menaces, la digitalisation entraine avec elle de formidables opportunités. À condition toutefois de s’en saisir pleinement et de ne pas la réduire, comme 30 % des dirigeants le font, à la seule dématérialisation.

La transformation digitale, c’est une nouvelle façon de créer de la valeur en réinterrogeant son business model dans un contexte digital, en repartant des besoins du client.

Elle appelle à une transformation globale rapide de l’entreprise qui doit conjuguer capacité d’innovation, rapidité et ouverture sur l’extérieur.

Trois chantiers doivent alors s’opérer : UN “J’intègre le client dans mon développement”, DEUX “j’injecte de la transversalité et je m’appuie sur l’intelligence collective pour innover”, TROIS “Je crée et j’anime un écosystème de partenaires pour répondre aux nouveaux usages, avec de nouvelles technologies, sur de nouveaux marchés”…avec une techno fiable en soutien. Demain, tout le monde aura numérisé ses services… C’est le management qui devient alors le véritable atout de puissance et de différence, et celui là n’est pas facilement copiable !

 

La digital attitude

Ne pas prendre le virage du digital, par crainte de perdre le contrôle, revient à … disparaître !

Désormais, l’entreprise n’a plus d’autre choix que de regarder ce qui se passe, de le comprendre, de l’accepter et d’adopter la Digital Attitude, celle qui consiste à capitaliser sur ses forces, sur ce qui fait sa valeur ajoutée. Plutôt que chercher à n’innover que par le digital, à l’instar des autres, l’entreprise a tout intérêt à trouver son terrain de combat et à rester forte sur ce qu’elle fait de mieux, à développer ce que les concurrents n’auront pas demain quand tout sera digitalisé.

 

PC = C X S X R²

Face au besoin d’innovation, l’entreprise et son management devront déployer un maximum de Puissance Collective.

3 composantes à l’équation :

Rester 100 % Connectés : c’est en se “frottant” au dehors, aux visions autres de ses collaborateurs, partenaires, fournisseurs, etc., que l’entreprise puisera les sources de son innovation.

Donner le Sens : en travaillant sur le sens, le pourquoi, les finalités, et leur appropriation, l’entreprise crée les conditions de l’autonomie collective.

Injecter une bonne dose de Reconnaissance : depuis l’enfance, nous sommes câblés pour la compétition individuelle. Or, ce besoin perpétuel de démontrer sa valeur, de choyer son ego, devient le 1er frein à la puissance collective. D’où l’importance de définir les règles du jeu, de dire à chacun là où on l’attend et de lui apporter cette reconnaissance individuelle, qui mobilise.

Pour résoudre l’équation de l’intelligence collective, et mener à bien la transformation digitale, le manager de demain devra donc équilibrer ces facteurs.

Plus performant “dehors !”, il sera celui qui connecte au monde, qui interconnecte les uns avec les autres…